Elle voulait vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre
- 21 avr.
- 2 min de lecture
Un pour tous... tous pour Milady !
L'auteur a eu l'idée de réinventer le personnage d'Anne de Breuil, lady Clarick, on se souvient de la célèbre Milady de Dumas. Un bon bouquin qui m'a divertie. C'est un roman pur et j'attends que mes lectures me transportent dans un ailleurs. C'est réussi, celui-ci est riche en rebondissements et on tourne facilement les pages. Je l'ai lu d'une traite et avec intérêt, malgré un léger fléchissement vers les deux tiers du récit. Le niveau de langue est fluide, accessible, parfois un peu contemporain, avec des facilités de langage ou des expressions du 21ème siècle qui tombent à plat dans un récit situé au 17ème siècle. Deux ou trois scènes de sexe plutôt cru sont à mon avis déplacées. Cela se lit bien.
Cependant :
L'auteur nous débarrasse du côté manichéen du roman de cape et d'épée (les gentils Mousquetaires contre la méchante Milady) pour créer un manichéisme inversé qui manque un peu de nuance.
Milady fut d'abord une pauvre gosse, grandissant comme elle le pouvait dans un monde dangereux dominé par le masculin. Sa vie n'est qu'un défilé de misères : abandon, viol, marquage au fer rouge, trahisons jusqu'à sa mise à mort à 25 ans. Sa légendaire cruauté serait la conséquence d'une jeunesse calamiteuse et de sa lutte pour survivre.
Les Mousquetaires, quant à eux, en prennent pour leur grade. Déconstruits, ils n'ont plus rien de preux chevaliers, on les trouve veules, trompeurs, jaloux et finalement assassins. Mention spéciale à D'Artagnan qui use de subterfuges pour coucher avec Milady, et Athos qui essaiera de la tuer.
Elle voulait vivre est un roman féministe. La méchanceté et la roublardise ne seraient pas des attributs naturels, mais une revanche sur une jeunesse brisée. Un ton de revendication plutôt actuel détonne parfois en plein 17ème siècle.
La Milady de Dumas était une vraie garce. Rouée, batailleuse, elle affrontait les hommes sur leur propre terrain, à leur "hauteur". Le roman l'absout de ses crimes en dépeignant une victime.
Pour ma part, elle me plaisait mieux en garce.
Sophie Colliex,
20 avril 2025



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