Pathos et scribouillage





Ces temps-ci impossible d’échapper à cet édito du Quotidien luxembourgeois.


Dans les deux premiers tiers, la journaliste nous propose un tour du monde des misères réservées aux femmes. Je pleure pour mes sœurs humaines. Me voici attendrie, assouplie (et prête pour le 8 mars). Mais, dernier tiers ; changement de sujet et de ton. En tant que Française, jouissant d’un salaire (luxembourgeois, élevé), l'auteur est une femme libre et très privilégiée. Son seul souci est de présenter un QR code pour aller au restaurant. On nage en plein conte de fée. Elle nous conduit à l'apothéose de son article : la référence aux génocides et aux dictatures utilisée par les opposants au vaccin. Cette indigeste tartine est saluée par des cris d'admiration sur la toile.


Si j’ai bien compris cet édito, et pour le résumer, les opposants au vaccin seraient de (riches) mauvaises personnes, insensibles à la souffrance des femmes (pauvres et lointaines).


Faut-il vraiment donner un écho tonitruant à toutes les sottises proférées dans l’arène, en temps de surchauffe ? Pour ma part, je trouve indécent de convoquer la souffrance des femmes pour mettre de l’huile sur le feu dans le débat « pour ou contre le pass sanitaire ». Lorsque nous irons nous régaler au resto, munis du sésame codé (expression suprême de la liberté d’agir de la journaliste), n’oublions pas les petits enfants qui meurent de la faim (un toutes les 6 secondes), maladie infiniment plus meurtrière que celle qui fait couler cette encre. La faim, très facile à soigner pourtant - et sans intervention des labos. Il est vrai que pour des milliards d’êtres humains, la fréquentation des restaurants n’est pas au menu, avec ou sans QR code.


Et moi, je préfère la salade niçoise.


Sophie

23 août 2021


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